SYNTHÈSE DES RENCONTRES SYNODALES ST-GERMAIN

Paroisse Saint Germain d’Outremont

6 mars – 3 avril 2022

RENCONTRES SYNODALES ST-GERMAIN

Introduction

Démarche : Aujourd’hui, alors que notre pape engage toute l’Église dans une démarche synodale sur la synodalité, c’est-à-dire sur notre manière de « marcher ensemble », nous chercherons à discerner les pas que l’Esprit nous invite à faire pour devenir véritablement une Église missionnaire pour les gens d’ici.

Cinq rencontres d’une heure et demie, à la suite de messe dominicale, dans le cadre de la retraite du Carême durant cinq dimanches du carême :

Thème : Enracinés en Jésus-Christ, construire une Église vivifiante, qui se laisse évangéliser, accueillante

Dimanche 1  (6 mars) : En Jésus-Christ

Dimanche 2 (13 mars) : une Église

Dimanche 3 (20 mars) : vivifiante

Dimanche 4 (27 mars) : qui se laisse évangéliser

Dimanche 5 (3 avril) : accueillante

Les rencontres ont suivi le modèle de la conversation spirituelle privilégié par le diocèse. Le thème de chaque dimanche était abordé en deux temps, à partir des considérations indiquées dans le document diocésain et en réponse aux des deux mêmes questions répétées chaque dimanche :

Quels sont les cris les plus urgents qui montent vers le Seigneur ?

Quels sont les appels que l’Église de Montréal doit prendre en compte dans son action missionnaire pour être davantage ancrée en Jésus-Christ ?

***

Résumé

Les cinq rencontres ont produit un grand nombre d’interventions, qui se recoupent parfois, ou se prolongent d’une réunion à l’autre. L’objectif de ce résumé est de mettre en valeur les points les plus marquants. Compte tenu que les rencontres ont donné une grande priorité à l’évangélisation et à l’écoute du monde contemporain, les défis rencontrés sont :

un contexte social indifférent, voire hostile au catholicisme

  • la perte du sens du sacré et de la culture chrétienne
  • la difficulté pour les familles de transmettre la foi aux nouvelles générations
  • le manque d’unité entre paroisses et à l’intérieur des paroisses, ce qui peut se lire comme un manque d’unité à l’intérieur même du diocèse
  • la fragilité des communautés paroissiales, de plus en plus réduites et de plus en plus individualistes
  • une confusion entre l’église et la paroisse, qui fait que le bâtiment prime sur le peuple
  • beaucoup d’incertitude sur la « mission » : comment évangéliser? qui évangéliser? où évangéliser?
  • écouter qui? les membres de la paroisse en général? les jeunes en particulier? les « autres », qui restent encore à définir?
  • être une Église inclusive sans restrictions

Les réflexions, nombreuses, permettent d’entrevoir des champs d’action :

-au premier plan, le recours à l’Esprit Saint et au message du Christ par l’Eucharistie, la prière, l’oraison, -la méditation, la lecture approfondie de la Bible. C’est le fondement de toute la mission

-la préparation à la mission par les formations nécessaires

-la modernisation des méthodes de catéchèse pour les jeunes, le recours à un langage mieux adapté au monde actuel

-la création d’activités communautaires pour renforcer le lien social à l’interne (pour les personnes isolées, par ex., repas paroissiaux), certaines de ces activités pouvant intéresser des personnes éloignées de l’Église ou non croyantes : p. ex., le patrimoine religieux (architectural et musical) est très valorisé au Québec et des activités dans ce domaine peuvent permettre de créer des liens entre une paroisse et son milieu environnant; de même, des projets liés à l’écologie, la science et la foi, des thèmes de société

-l’accueil de tous et toutes aux célébrations et pendant les heures où l’église est ouverte, dans des conditions qui permettront une écoute attentive de chacun, croyant ou non

-la création de petits groupes portant des missions particulières à l’intérieur de la paroisse, unissant spiritualité et action sociale, dans le but plus ou moins lointain de dépasser le milieu paroissial et d’agir dans le milieu social de proximité

-l’amélioration des communications à tous les niveaux (diocèse, paroisses, groupes à l’intérieur des paroisses)

-l’utilisation des technologies modernes pour l’évangélisation, les formations, les communications

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Synthèse

Cette synthèse globale réunit les réflexions  des participantes en réponse aux  deux questions posées dans l’énoncé  général à propos du thème particulier de chaque rencontre. Les réponses à la première question permettent de décrire l’état de choses tel que perçu depuis notre paroisse; celles qui répondent à la deuxième question signalent les défis qui se présentent et suggèrent des démarches à entreprendre pour améliorer cet état de choses.

***

  1. Les cris les plus urgents qui montent vers le Seigneur

Le contexte de Montréal, la société dans laquelle nous vivons :

Une société en difficulté : taux de suicide élevé, familles décomposées, dispersées; recherche de l’autonomie personnelle, individualisme, solitude; surconsommation, satisfaction immédiate des besoins et des désirs.

Des spiritualités distantes du catholicisme : développement personnel, bien-être, recours aux horoscopes; cohabitation de religions diverses; actions sociales et humanitaires  sans profondeur spirituelle; peu ou pas d’intérêt pour la recherche de Dieu.

Intérêt de la société civile pour le patrimoine religieux (arts, architecture, histoire), mais qui ne s’attarde pas sur l’aspect spirituel.

Quête de sens et besoins personnels amènent certains à suivre des temps de recueillement ou des retraites dans des communautés catholiques (monastères).

Dans la maladie ou le malheur, des gens cherchent un réconfort auprès des priants.

Chez beaucoup de chrétiens : désir de suivre Dieu et de le faire connaître autour de soi.

L’Église institutionnelle

L’Église a très peu pris position pendant la pandémie, elle ne s’est pas beaucoup manifestée. Elle a peu d’influence sur le monde et pour bien des gens, elle n’est pas proche de leurs préoccupations. Pourtant, elle existe pour le monde et devrait se sentir solidaire du monde.

Elle est appelée à apporter une parole de liberté et sa morale est une morale de liberté. Mais il y a encore des sujets tabous : avortement, homosexualité. L’Église doit avoir plus d’ouverture.

Même au sein de l’Église catholique, l’unité est un problème à regarder avec humilité. Les catholiques devraient être tous ensemble, peu importe nos origines et nos manières de pratiquer, toujours en union avec le Christ.

Si on ne voit pas la foi comme une aventure, on ne réussira pas à faire face aux difficultés. On ne doit pas craindre une Église en transformation, qui sortira du bâtiment pour conscientiser les gens

Faire Église, c’est être une communauté.

Les paroisses et leurs églises : Le terme « paroisse » apparaît dans les cinq comptes rendus des rencontres, au total neuf fois. On lui préfère de loin le terme « église » (se rendre à l’église, accueillir à l’église), avec 55 occurrences. Il est parfois difficile de faire la distinction entre « l’Église » institutionnelle et Corps du Christ (50 occurrences) et le bâtiment où se concentrent les activités de la paroisse.

Les églises : des bâtiments pratiquement déserts, une situation aggravée par la pandémie. Les communautés sont petites, d’où peu de possibilités de partager et vivre ensemble.

Églises francophones : trop impersonnelles, en comparaison des églises anglophones et multiculturelles, plus chaleureuses.

Diversité des églises regroupant des communautés culturelles (philippines, vietnamiennes…) : un facteur de division? La diversité devrait s’inscrire dans une unité qui dialogue.

L’église paroissiale et le lien social : Jésus doit être le centre de notre venue à l’église, et non le sentiment d’appartenance à un groupe, une communauté. C’est un lieu où rencontrer Dieu, lui parler silencieusement et privément, y recevoir un enseignement, à travers l’action de l’Esprit. L’église n’est pas un centre communautaire.

Communication : peu de communication à l’interne dans certaines paroisses, et peu ou pas de communication entre les églises paroissiales.

L’église paroissiale offre un lieu d’accueil aussi bien pour les croyants que pour les non croyants.

Évangélisation, transmission de la foi (une Église vivifiante, qui se laisse évangéliser):

L’évangélisation se fait par l’Esprit Saint.

La mission : aujourd’hui, elle n’est pas de convertir, mais d’évangéliser, la conversion vient de Dieu. Comment comprendre le monde actuel et lui parler? Faut-il oser aller dans la rue?

Nécessité de se laisser évangéliser : comment évangéliser autrui si nous ne connaissons pas la Parole de Dieu, si nous ne laissons pas toucher par Lui?

L’évangélisation à Montréal : sur une pente descendante; il y a une perte de la connaissance de la valeur des sacrements : le sacrement de la réconciliation n’est pas toujours disponible dans les paroisses.

La catéchèse : comment inclure les parents dans le cheminement de leur enfant? Comment offrir une éducation religieuse qui aidera à mobiliser les jeunes?

Difficulté d’enraciner les valeurs chrétiennes : la transmission de la culture chrétienne se perd.

La foi : de nos jours, l’intérêt pour la Bible est-il plus fort que l’intérêt pour la foi?

La désacralisation du patrimoine religieux : comment redonner aux gens le sens du sacré?

Recherche du Bien et de la paix : tout le monde est partie prenante, mais nous manquons d‘outils pour le faire par le Christ et susciter ainsi l’évangélisation.

La surconsommation : elle nous fait oublier de nous demander que faire pour les autres, pour l’évangélisation.

Il est difficile d’évangéliser quand on manque de prêtres.

Les fruits de l’évangélisation : devons-nous chercher des résultats immédiats? Charles de Foucauld a consacré sa vie à l’évangélisation de personnes qui n’en voulaient pas. Mais son héritage est immense et il a été le facteur de nombreuses conversions après sa mort.

Accueil, dialogue, partage (une Église accueillante)

Dans ma relation aux autres, où est la présence du Seigneur?

Unité : l’église [paroissiale] doit pouvoir unir tous ses membres pour être capable d’accueillir les autres.

Familles : l’église accueille des familles, tout le monde. On partage l’espace, mais partageons-nous la vie? Faisons-nous l’effort de connaître et rencontrer l’autre dans la paroisse et l’Église?

Croyants venant d’ailleurs : on ne cherche pas forcément à leur faire de la place. Il faudrait faire preuve de plus d’ouverture et de transparence.

Personnes isolées : comment les rejoindre?

Dialogue : il faut dialoguer avec les différentes religions qui sont à Montréal., tendre vers une Église ouverte figurativement et concrètement.

Partage : accueillir dans la simplicité, expliquer le sens de la liturgie, sortir des murs. Aller vers le monde et être moins centré sur soi, se tourner vers les autres avec humilité, se préoccuper d’eux.

Conflits : la crainte d’éveiller des conflits complique le partage, suscite des divisions.

L’objectif n’est pas de convertir, mais d’accueillir et être ouvert à l’autre avec nos diversités de chrétiens.

* * *

  1. Les appels que l’Église qui est à Montréal doit prendre en compte dans son action missionnaire

L’Évangélisation (annonce de la parole) dans un contexte postchrétien indifférent, voire hostile : méthodes, moyens, projets

Notre priorité : évangéliser, annoncer la Parole.

Vivre en Jésus, par Jésus, afin qu’il agisse en nous et que nous portions du fruit. N’ayons donc pas peur de témoigner notre foi, dans l’église et hors de l’église.

L’outil de base : la prière quotidienne, par la messe, individuellement ou en petits groupes, à l’église ou en dehors de l’église.

Porter l’espérance par la prière, manifester la beauté de la prière, en s’accordant des temps d’oraison et de silence pour faire grandir notre foi, demeurer proche du Seigneur dans notre cœur.

Un moyen pratique : former de petits groupes ayant des projets d’aide, de parole, de partage (p. ex. biblique), d’accueil, de prière et liturgie (chorale), dans les paroisses ou hors des paroisses, dont la mission finale est de faire connaître Dieu.

Aller chercher les jeunes, les impliquer.

Des enseignements modernisés : exposer le message du Christ en mettant à jour nos méthodes, parler aux jeunes dans leur langage, s’adapter à chaque culture, à notre société mobile et changeante. Recueillir des témoignages et les présenter.

Créer des occasions de rencontres, p. ex., à propos du patrimoine religieux, ou sur des thèmes modernes (écologie, actualité) pour accueillir croyants et non croyants et écouter leurs besoins.

Des formations adaptées : former les disciples missionnaires par des retraites, des écoles de prière et de méditation; utiliser l’Internet pour des formations (MOOC) sur des sujets importants.

Utiliser la technologie et les réseaux sociaux pour transmettre la Parole et toucher un public plus vaste.

Pour une Église diocésaine ouverte et vivifiante

Transmettre les messages du pape François (audiences, angélus, encycliques, etc.)

Combattre les clichés qui attaquent l’Église, en faisant connaître les engagements de ses membres (accueil des réfugiés, œuvres sociales,  enseignement, recherche dans de nombreux domaines) et les valeurs qu’elle promeut.

Rayonner à l’extérieur des églises, témoigner, parler du Christ dans divers milieux non liés au catholicisme.

Toute science mène à Dieu : science et foi ne sont pas incompatibles.

Ouvrir toujours plus l’Église qui est à Montréal au dialogue avec les Autochtones, les autres religions, spiritualités, etc.)

Essayer d’écouter les autres, de comprendre et parler le langage de ceux qui nous entourent.

Responsabiliser les fidèles laïques (hommes et femmes), par un bon discernement, leur donner plus de place.

Favoriser la prise de parole du plus grand nombre.

Parler librement des sujets tabous.

Créer des événements ouverts à tous, viser en particulier des situations intergénérationnelles.

Favoriser l’utilisation de la technologie pour évangéliser, transmettre la foi.

Créer des liens entre les paroisses de Montréal pour développer un esprit de communauté dans le diocèse.

L’Église doit réussir à unir tous ses membres pour être capable d’accueillir les autres.

 

Pour des églises paroissiales accueillantes où tout le monde doit trouver sa place (À partir du vécu de notre paroisse, après plusieurs confinements qui ont fermé les églises pendant de longues semaines)

 

L’église paroissiale : un lieu de rencontre, de partage, de prière et d’accueil de l’autre et de ses besoins, où grandit la foi.

Vivante et dynamique : elle est à l’écoute des paroissiennes et des paroissiens. Possibilité d’un service d’écoute pour les personnes en difficultés.

Active dans la paroisse et en dehors de la paroisse par des petits groupes unis entre eux et dialoguant : accueil, ados, jeunes adultes, catéchètes catéchuménat, lecteurs, servants de messe, etc.

Projets et activités qui unissent : chorale inclusive et multiculturelle, repas paroissiaux, café après la messe le dimanche.

Assemblée dominicale : accueil des familles, même si les jeunes enfants peuvent déranger.

Unité et collaboration entre paroisses pour agir ensemble sans nuire à la diversité : p. ex., célébrations du pardon à Outremont, où les prêtres des trois paroisses et le vicaire épiscopal se sont réunis pour offrir à tour de rôle ce sacrement dans chacune des églises.

Conflits internes et externes : trouver des outils et des soutiens pour apprendre à les gérer.

Moyens de communication modernes et réseaux sociaux : amélioration des communications internes et externes, élargissement du public touché par les interventions pastorales dans la paroisse et au-delà.

 


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